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Sur la route avec Micheline Paré

Mon expérience interculturelle en Afrique de l’Ouest

Le 6 novembre 2014, je pars pour Ouagadougou (appelée familièrement Ouaga), la capitale et la plus grande ville du Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. L’Ouaga n’est pas une destination touristique, car il n’y a rien de beau à voir.

Trois religieuses viennent nous chercher à l’aéroport, sœur Madeleine (une religieuse africaine en visite à Saint-Damien) et moi pour nous amener au couvent des sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours. Les cinq religieuses du couvent nous accueillent avec un repas de hachis de poisson et fèves vertes. La communauté regroupe une dizaine de religieuses, venues de diverses missions.

On me dirige à ma chambre. Assez grande, deux portes de chaque côté dont l’une avec balcon, salle de bain, ventilateur, WIFI : ce sera mon chez moi pour trois mois et demi. J’y suis très bien jusqu’à mon retour au Québec le 12 février 2015.

J’ai la semaine pour récupérer du décalage horaire de 12 heures, m’habituer à la température qui fluctue entre 20 et 40 degrés, l’eau du robinet et l’alimentation. La nourriture se compose principalement de patate, manioc, igname (trois tubercules), servis bouillis, en purée ou en frites. On retrouve également dans notre assiette du riz, de la sauce tomate et oignon, de la chèvre ou du poulet longuement bouillis et bien assaisonnés. On gruge surtout des os avec plus de moelle que de viande. On nous sert également de la crème de blé, du yogourt maison fait avec du lait en poudre, des bananes, oranges, pamplemousses, papaye, melon en salade de fruits. Je tolère bien la nourriture et l’eau. Cependant je mange peu les jours de grande chaleur.

En face du couvent se dresse une mosquée. J’irai prier avec une musulmane, revêtue d’un voile sur la tête (pas une burqa quand même!). J’y fus bien accueillie par toutes ces femmes qui m’entourent et me questionnent. Tout près s’élève une église protestante. Non loin, se trouve un poste de police. On se sent bien protégé, pourtant quelques mois plus tard, au Niger, des fanatiques islamiques brûleront des églises et des couvents catholiques.

Le dimanche, à 8 heures, se déroule la messe paroissiale. Les églises sont bondées, même les cours sont remplies de chaises apportées par les fidèles. C’est à qui aurait la plus belle tenue : robe longue pour la femme et boubou coloré pour les hommes. Au son des tam-tams, on chante et danse au rythme des chants religieux.

Le mercredi 12 novembre, sœur Madeleine m’amène au centre-ville pour des commissions. Nous voyageons dans une auto équipée avec air conditionné (je ne voyageais pas dans une charrette tirée par un âne!). Je vois le parlement et les autos brûlées lors de la manifestation du 30 octobre 2014. Ç’a brassé! Je me suis fait vacciner contre la méningite : il m’en coûte 15 $ au lieu de 150 $ au Québec. J’entre dans un magasin et y trouve les mêmes denrées qu’au Québec : chips, chocolat, biscuits, lait, viande, céréales, vin et bière… et de la bonne viande. À l’occasion des fêtes, je cuisinai un rôti de porc avec patates jaunes, des pâtés à la viande, des beignes et une bûche de Noël.

Je commence ma première «journée de travail» le 16 novembre. J’assiste à un cours de haute couture de l’école Virginie Fournier (nom donné en l’honneur de la fondatrice de la communauté religieuse de Saint-Damien), avec des jeunes filles âgées de 14 à 20 ans. On m’accueille avec des danses africaines et du lait de farine de mil au gingembre servi dans une calebasse (coquille d’une espèce de courge). (En raison des risques d’épidémie d’Ebola, je dégusterai cette boisson dans un verre). Ce jour-là, M. Ismaël enseigne la confection de patrons pour jupe et pantalon. Plus tard, j’accompagnerai en mobylette Mlle Yvette pour acheter des tissus. Je me confectionnerai des vêtements aux couleurs du pays.

Je découvre avec intérêt comment les femmes fabriquent le couscous à partir de farine de mil, confectionnent le savon avec du beurre de karité, allument le fer à repasser chauffé au charbon, teignent les écheveaux de fil de coton et montent le métier à tisser.

Un dimanche, j’assiste à la messe à la prison La MACO. Je rencontre des prisonnières avec sœur Clarisse. Je parle à une grand-mère emprisonnée pour avoir excisé sa petite-fille de douze ans, malgré l’interdiction des parents, instruits des répercussions de cet acte. Ne sachant ni lire ni écrire, elle répétait une pratique transmise de génération en génération, convaincue que ce serait bénéfique pour sa petite-fille. J’écoute, j’observe sans jugement le vécu de ce peuple. Nous aussi entretenons bien de fausses croyances!

Un enseignant de culture générale, M. Compaore, instruit les jeunes filles sur la sexualité. Il les met en garde contre la prostitution. Malheureusement, la prostitution est devenue une question de survie pour les familles de ces jeunes filles. Dans leur culture, les pères donnaient leur fille en mariage. L’arrivée de gens bien nantis a créé des réseaux qui encouragent les jeunes filles à vendre leur corps. Les pères voient dans ce phénomène une façon rapide d’assurer la subsistance de leur famille et incitent leurs propres filles à se prostituer. Encore une fois, il devient difficile de les juger pour ce comportement encouragé par la société.

J’ai été étonnée d’apprendre qu’on pratiquait encore la religion Vaudou et la sorcellerie. Deux jeunes filles me racontaient que leur mère avait consulté un sorcier pour jeter un sort à l’enfant de la deuxième épouse du mari. Il lui remit un fruit empoisonné que la mère fit manger à l’enfant. Celui-ci mourut et fut enterré la journée même dans la cour familiale. Des adultes disparaissent de la même manière. Ni vu ni connu! Il existe encore plusieurs rituels de sorcellerie où on sacrifie des enfants. Comme quoi, on peut accepter bien des endoctrinements.

Comme dans mes voyages précédents, je trouve cette expérience interculturelle déstabilisante. Cela m’amène à faire un ménage à l’intérieur de moi, à me délester du jugement. Aurais-je fait mieux à leur place? J’admire ce peuple pour leur accueil, leur sourire, leur amour, leur résilience. Dommage qu’on cherche tant à assimiler bon nombre d’entre eux à notre surconsommation. Ils risquent de perdre beaucoup de leur joie de vivre!

Afrique de l’Ouest

Micheline Paré
Micheline Paré

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