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Voir autrement!

Entrevue avec Johanne Tremblay – Animatrice de l’atelier Fabrication de bijoux

Depuis 2016, Johanne Tremblay
anime au Centre-femmes de Bellechasse l’atelier Fabrication de bijoux. Johanne
est particulièrement habile à donner une seconde vie à des objets recyclés pour
en faire de «vrais petits bijoux» au sens propre, comme au sens figuré.

Portrait par Sylvie Gourde

Orfèvre de l’âme, elle a réussi à
travers les soubresauts de son existence à ajouter des ors à la réalité par le
feu sacré de ses passions.

Native de Shipshaw au Saguenay,
Johanne s’installe dans Bellechasse à la suite du nouveau travail de son conjoint.
En 2010, elle reçoit un diagnostic de cancer du sein. Deux années durant, elle
confronte la maladie à travers une opération, suivie de traitements de
chimiothérapie et de radiothérapie.

Mère au foyer, elle rencontre peu
de gens et se sent seule. D’esprit combatif, elle recherche des moyens pour
améliorer sa situation. Sur la route pour se rendre à son travail, son conjoint
remarque le Centre-femmes à Sainte-Claire.

Elle se présente et rencontre une
animatrice. Elle lui parle de son parcours et de son désir de se créer un
réseau de contacts. Elle fréquente Espoir-Partage avec Brigitte Boutin et
s’inscrit à l’atelier Fabrication de bijoux offert par Béatrice Levasseur. Elle
aime la formule et se lie d’amitié avec les participantes.

«J’ai toujours aimé bricoler.
Toute petite déjà, je fabriquais ce que j’aurais aimé avoir à partir d’objets
recyclés. J’ai confectionné une magnifique maison et des vêtements pour mes
poupées. Autodidacte, j’observe attentivement et tente de reproduire le modèle
en prenant soin d’y ajouter ma touche personnelle. Je visualise dans ma tête le
résultat final et je me mets à l’action», commente Johanne.

Très tôt dans son jeune âge, elle
développe une grande débrouillardise. Sa mère sera pour elle une femme
inspirante, un modèle de résilience. Cinquième d’une famille de six enfants,
Johanne a grandi auprès de deux frères et d’une sœur atteints de dystrophie
musculaire. Son père, victime d’un accident de travail, perd un bras
lorsqu’elle est bébé. «Ma mère n’a jamais perdu courage et a toujours trouvé
des solutions pour le bien-être de la famille.»

Les diverses activités du
Centre-femmes de Bellechasse permettent à Johanne d’apprendre et de trouver les
ressources disponibles dans le milieu. Forte d’une grande détermination et d’un
bon esprit d’initiative, elle entreprend différentes démarches pour améliorer son
sort. C’est ainsi, lors d’un rendez-vous chez l’oncologue, qu’elle découvre le
programme «Donnez au suivant!». Elle pose sa candidature. Quelques jours plus
tard, elle est convoquée pour un premier rendez-vous afin d’évaluer sa demande
d’une prothèse capillaire. Grâce au procédé de volumateur, on peut atténuer sa
calvitie naissante.

Voisine de palier à la clinique
capillaire, une denturologue est sensible à l’histoire de Johanne. Avec l’aide
d’une dentiste, Johanne est également admissible à une prothèse dentaire.

Dans ses mains aux doigts de fée,
l’univers venait y déposer un double cadeau qui contribua grandement à bonifier
son image et du même souffle sa confiance en soi. Elle accueille ces miracles
avec gratitude et amour de soi.

À son tour, l’occasion lui est
offerte de «Donnez aux suivants» en devenant animatrice à l’atelier Fabrication
de bijoux. Avec un immense plaisir, elle partage ses trucs, conseille les
participantes aux diverses techniques de fabrication et à l’art d’agencer différents
matériaux pour un résultat harmonieux.

«Ce n’est pas un concours ni une
compétition pour faire le plus beau bijou. Je leur donne la base pour fabriquer
un collier et leur demande d’en concevoir un à leur goût, de choisir les
couleurs de perles qu’elles préfèrent. Chez elles, les femmes peuvent continuer
en ajoutant pendentifs, bracelet. J’aime constater ce que les femmes font par
elles-mêmes. Chacune découvre sa capacité de créer. Je travaille beaucoup avec
du matériel recyclé, de vieux bijoux, des goupilles de canettes, des bouchons
de bière…. On fait des choses qui ne coûtent pas cher. On apprend à voir
au-delà de l’objet, à exploiter sa forme, ses textures pour en tirer quelque
chose de beau. Et c’est ça qui est merveilleux. On apprend à voir autrement! On
s’ouvre à d’autres possibilités. Et cette attitude peut être transposée dans sa
vie personnelle. On peut travailler sa pensée, son mental. Visualiser des
solutions, des réussites. C’est extraordinaire!», relève Johanne.

«Les femmes se sentent d’égale à
égale, renforcent leur estime, se découvrent un potentiel de création qui leur
procure fierté et confiance en soi. Parce qu’elles aiment ce qu’elles font,
elles produisent des bijoux qu’elles offrent en cadeau et amplifient le message
«Donnez au suivant».

Tu ne donnes pas uniquement pour
recevoir. Tu donnes parce que cela te procure de la joie. Il faut aussi
apprendre à recevoir. Tu permets à l’autre de faire plaisir. À donner
mutuellement, on multiplie les rayons de lumière qui éclairent certains moments
difficiles de la vie. On ne sait jamais comment et quand on aide l’autre à
sortir de l’ombre.

Dans le partage tranquille de nos
après-midi, on crée ainsi des chaînes de beauté qui enjolivent le quotidien. Les
femmes portent diverses problématiques qu’elles mettent de côté pour vivre un
moment agréable d’échange, de complicité. Chaque fois, les femmes partent avec
le sourire et la hâte de retrouver leurs amies la semaine suivante.

Nos encouragements mutuels nous
donnent l’élan nécessaire pour nous dépasser. Je remarque que vivre des
épreuves rend plus fort, plus ouvert, plus sensible à la beauté de la vie.
Faire des choses que l’on aime nous donne des ailes.

Lorsque je parle à mes sœurs des
réalisations du Centre-femmes de Bellechasse, elles m’envient et souhaitent que
de tels lieux se créent ailleurs», conclut Johanne.

Sylvie Gourde

Octobre 2019


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